Tant que la Terre tournera, des textes autobiographiques, des critiques approfondies de films regardés, de pièces de théâtre vues, de romans lus, des envolées de prose automatique osées prendront tranquillement leur place sur cet espace public de l'internet contemporain. Lisez, pensez, réagissez!
Oh et puis tant pis pour ces atermoiements continuels, ces perceptibles contradictions, parfois maquillées en paradoxes, parce que mon esprit a décidé que ceux-ci étaient davantage pardonnables que ceux-là, mais si je cessais de me raconter des histoires au moins quelques instants et ne serait-ce qu’une seule fois, je m’avouerais bien qu’il n’y a pas une telle différence, qu’elle n’est qu’un prétexte de plus pour continuer à vivre, malgré tout.
Alors je dis, je m’exprime, j’exulte et expectore par le pixel si ce n’est par le stylet et encore moins la bouche, parce que l’envie l’emporte tellement fréquemment sur le perfectionnisme, et que ce dernier, après tout, varie dans ses fourvoiements d’une personne à une autre, n’étant qu’une question de valeurs, autrement dit de jugements péremptoires à attribuer aux ennemis du moment, probablement amis à venir lorsqu’il s’agira bientôt d’insulter quelque tierce objet où déverser sans honte une certaine haine de soi.
Il s’agit d’agir, tout de même un petit peu, avant la fin d’un monde, avant la chute perpétuellement repoussée à la génération future comme par manque de courage, de s’avouer enfin en toute confiante clarté qu’il a toujours été trop tard pour le repentir, que oui ce n’est pas totalement de notre faute, mais qu’il faudra bien qu’au bout de la course si absurde, frénétiquement reprise tout en arrachant spasmodiquement sans jamais bien entendu savoir, ni vouloir savoir d’ailleurs, pourquoi, un temps de repos par-ci, une détente musculaire nécessairement partielle par-là, qu’au bout de cette course donc l’on se décide à décréter l’annihilissement de la finitude même.
Nous ne méritons pas notre sort, nous échappons sans cesse à l’obligation d’être heureux, et pas question de s’estimer, tout à coup, au seul endroit où cela nous arrange, jamais plus longtemps, Gardiens de la Terre, qu’en savons-nous, si vraiment il faut choisir oserons-nous regarder la Création avilie multilatéralement par nos soins de piètres docteurs en je n’ai même plus envie de connaître le nom de la discipline que vous vous glorifiez d’avoir inventé et proférer que oui c’est évident nous en sommes responsables ?
Cesserons-nous surtout de détourner le regard, combien faudrait-il de parents convenables et d’esprits affûtés pour se laisser prendre l’unique bonne solution, nous sommes allés trop loin, de la destinée vous n’oserez pas parler, n’est-ce pas, car prononcer un tel nom scellerait notre tombeau à tous d’une main ferme.
Depuis si peu s'est établie une résignation sourde, non pas soudaine car le combat a fait rage longtemps intérieurement, mitraille trop humaniste pour oser viser aux points stratégiquement corrects, là quelque part pourquoi pas « toujours » parfois ? une oscillation entre l’amour et la haine de l’espèce à laquelle je n’ai pas choisi, d’appartenir.
Elle d’abord s’est installé sans prévenir comme un voile, apportant la paix profonde et sincère à l’esprit qui jusqu’avant, quoi cela ne se laisse et c’est mieux pas encore désigner tout à fait, faisant taire sans blancheur la fougueuse révolte entretenue à la va-vite par d’insolents billets, lâchés contre la virginale foi en une intégrité dont on avait malencontreusement oubliée la capacité à disparaître.
Perfectionnement de l’intellect à quoi bon non pas s’y engager il n’y a rien d’autre de meilleur à faire mais se retrouver en permanence face au constat que le voyage a été effectué seul, que l’horizon n’intéresse personne, presque, qu’il ne s’agit pas de faire demi-tour, leur tendre la main, voir dans ces yeux le refus, le vide, le désarroi, l’étincelle si rare, si rarement allumée pour le Bien.
Désespérance: constat du plaisir de la bêtise massivement partagée, partagé.