Tant que la Terre tournera, des textes autobiographiques, des critiques approfondies de films regardés, de pièces de théâtre vues, de romans lus, des envolées de prose automatique osées prendront tranquillement leur place sur cet espace public de l'internet contemporain. Lisez, pensez, réagissez!
Ce matin, encore, ma meilleure amie d'enfance s'inquiète sincèrement alors que je m'apprête à m'en retourner à mon domicile familial, de la préservation d'un organe génital que je n'ai jamais possédé er ne posséderait probablement jamais: "Tu rentres tout seul, à cette heure? Mais t'as pas peur de te faire violer?"
Vers le début de mon année de Première Littéraire, un ami proche me demande de quelle proportion masculine est constituée ma classe. En lui répondant, j'omets sans m'en rendre compte de me compter parmi les détenteurs de testicules.
Au cours d'une des si sporadiques soirées auxquelles je participe, aussi peu arrosé que d'habitude par des liquides officiellement immoraux, j'enfile une jupe pour aller danser devant les autres, non sans être accompagné d'un autre membre de la gent masculine également travesti de la sorte.
...
Non, je ne suis pas une femme. Physiquement tout du moins: point de gonflement de poitrine, point de menstruations, au milieu de mon corps il n'y a ni vagin, ni clitoris, ni monts ni vulve, mais un pénis apte à l'érection de l'aube, et une bourse poilue.
Qu'est-ce qu'un homme?
La réponse n'est pas simple à fournir, encore moins en l'année 2011 après Jésusovitch. Mais quelle actualité n'a-t-elle pas, cette question, en témoignent par exemple la prédilection qu'ont en ce moment les journalistes de tout poils (à épiler intégralement ou non?) pour ce sujet...sexuel.
Les femmes, et plus particulièrement les féministes, se sont faites un devoir de trouver des réponses claires et immédiates à la question "Qu'est-ce qu'une femme?", encouragées par le succès du mouvement féministe des quatre dernières décennies, décidées à se serrer les bourrelets pour revendiquer leurs droits plus eficacement face à la "meute des mecs machos" qu'elles décident non sans misandrie de se prendre pour ennemis jurés.
Or, d'un point de vue sociologique, les fameuses "différences entre les hommes et les femmes" fondent comme Häagen-Dazs par temps de canicule. Exclusivement, l'homme ne chasse plus et la femme ne s'occupe plus du foyer.
L'Europe occidentale et l"Amérique de Nord n'ont pas connu de guerre sur leur sol depuis plus de cinquante ans; les êtres humains ont l'air de se faire à l'absence de violence physique (mais sont toujours autant incapables de signer la paix verbale...): dans leur environnement; les femmes réussissent ainsi à exiger des hommes qu'ils ne se définissent plus comme des guerriers aux biceps sur-dimensionnés; dans leurs manières de marcher, de parler, de se vêtir, les hommes se féminisent indéniablement.
Cet abandon d'une certaine virilité ne se fait pas sans efforts ni douleurs pour certains, mais il n'y a pas d'alternative apparente.
Je connais de nombreux hommes de mon âge (certes la plupart de mon milieu social, qui peut se classer dans la catégorie "classe moyenne supérieure") qui parlent ouvertement de leurs pulsions homosexuelles; la popularisation du mouvement "gay" m'apparait comme le signe social le plus frappant de la décennie 2000: le temps de la stigmatisation est de plus en plus révolu, en témoignent les oeuvres de certains artistes connus sur la Toile (cf. Jon La Joie, "Being Gay Commercial" ou Max Boublil, "Mon Coloc" et "Ce soir tu vas prendre", entre autres).
Les hétérosexuels les plus ouverts d'esprit se plaisent à se revendiquer gays, une façon intelligente et joueuse de montrer leur soutien indéféctible aux premières victimes du SIDA, à ceux à que nous envions si souvent leur compagnie féminine, ceux qui guident tous les ex-machos vers davantage de tendresse, d'écoute, de sensibilité publique, de T-shirts roses et de goûts assumés pour Coldplay, Damien Rice et les jus de fruits aromatisés.
Le sujet est encore tout frais, et l'exaltation des premières fois pourrait me conduire à allonger exagérément cet article.
J'aurais de toute façon l'occasion d'y revenir; la guerre des sexes est un peu mon obessesion majeure...
"Le sexisme est un racisme"
(à suivre...)