Tant que la Terre tournera, des textes autobiographiques, des critiques approfondies de films regardés, de pièces de théâtre vues, de romans lus, des envolées de prose automatique osées prendront tranquillement leur place sur cet espace public de l'internet contemporain. Lisez, pensez, réagissez!
Entre lassitude et ecoeurement, la personne qui porte mon nom continue de laisser ses organes vitaux fonctionner normalement, ce qui semble être mieux que rien, mais comment en être sûr.
Le soir succède toujours autant au matin, et réciproquement, mais j'hésite de plus en plus à me coucher tôt, tandis que le lever ne se distingue pas spécifiquement par une joyeuse disposition.
Avant que mes bras ne poussent jusqu'à ce que je ne sache plus qu'en faire (autrement dit, quand j'étais petit), j'étais réveillé à cinq heures; je me faufilais dans la chambre parentale pour venir finir la nuit entre papa et maman, ou tenter d'allumer la télévision pour la regarder en patientant sans bruit; par ailleurs, j'eus l'idée de converser avec les premiers habitants de la rue à l'aide d'une lampe de poche, sans pour autant apprendre ni utiliser le morse: c'est ainsi que ma première idée de métier, la première profession qui m'attira, fut celle d'éboueur. La seconde, sans grande surprise, fut celle de facteur, autre personnalité matinale indéniable.
Qu'est-ce q'une journée type pour mon être approximativement désillusionné: le passage d'un siège à un autre, d'une lecture d'article à une autre dans un même ou un légèrement autre journal non-vituel, s'il vous plaît.
Servi par un silence proche de l'absolu, propice à la méditation tendance introspection, ponctué seulement du cliquetis de l'ordinateur sororal, du reniflement pontuel d'un père, et surtout du tic-tac du coucou venant de la cuisine, je lis, lis encore, et puis continue de lire.
Au fond, cela n'a pas changé depuis vingt ans. Des romans je suis passé aux journeaux, en un certain rapprochement du réel dorénavant mieux apprivoisé; je sais pourtant à présent que trop de mots empêche de vivre, mais lorsque que je lève la tête pour contempler les nuages, et décide de "faire autre chose", c'est encore mes yeux qui en sortent victimes: tout dans ce monde moderne urbain ne peut-il donc passer que par l'image vue.
Réveil électronique, quotidien de la veille à terminer, hebdomadaire à clore avant l'arrivée du numéro suivant, mensuel à poursuivre pas trop posément tout de même (Le Monde, La Croix, Télérama, The Economist, Le Monde Diplomatique), ordinateur à consulter pour y lire des messages reçus, y répondre, en envoyer d'autres, rédiger un article tel que celui-ci, partager quelques mots plaisants (à mon goût du moins) sur le profil Facebook, regarder un long-métrage (loué au vidéo club de Trion, dont la liste, pourtant bloquée depuis de nombreuses semaines déjà, ne cesse pas de ne pas se réduire, pauvre de moi qui veut voir et n'ai pas encore vu Prédictions, Phénomènes, Public Enemies (oui j'en suis à la lettre P) ou un nouvel épisode d'une de mes séries préférées du moment (hier 24, aujourd'hui The Shield, suivi au loin par Oz, Maison Close et Californication, en attendant The Wire, The West Wing, Hard ou Mad Men): routine d'aristocrate post-moderne ?
A part ça, revenir au franc ne me dérange pas.