Tant que la Terre tournera, des textes autobiographiques, des critiques approfondies de films regardés, de pièces de théâtre vues, de romans lus, des envolées de prose automatique osées prendront tranquillement leur place sur cet espace public de l'internet contemporain. Lisez, pensez, réagissez!
Oui, moi aussi j'ai attentivement écouté / regardé le Discours que Steve Jobs a tenu aux étudiants de Stanford (USA), et dont il a tant été question dans les jours qui ont suivi sa mort.
Cependant je ne peux m'empêcher d'être surpris voire déçu d'une telle popularité; en effet les propos tenus par le Magicien des Temps (post) Modernes, le Marchand de Jouets, propos qui sont divisés en trois parties ("three stories about my life", trois histoires résumant sa vie et sa vision du monde, annonce-t-il fort scolairement) sont d'une grande provocation.
D'ailleurs, il me semble que les enseignants tout comme les élèves d'un des temples de l'Elite Etasunienne qu'est l'université de Stanford ne s'y trompent pas: leurs mines sont (poliment) renfrognées, placides, sarcastiques ou incrédules.
Dans l'esprit de son auditoire, le mythe de l'entrepreneur individualiste imbibé de pures valeurs protestantes n'allume aucune étincelle. Le rêve américain est décidément enterré un peu plus chaque jour -et le décès de Steve Jobs, une de ses dernières incarnations, ne fait que sceller plus fermement son tombeau.
Quels sont donc les trois grands principes qui se cachent derrière les témoignages personnels de M. Jobs ?
Eh bien...
1) La meilleure chose qu'il puisse vous arriver pendant vos études, c'est de les arrêter
(certes il faut mieux avoir quelques bons amis chez qui squatter entre deux cours "rien que pour le plaisir")
2) La meilleure chose qu'i puisse vous arriver une fois que vous aurez un emploi, c'est de le perdre
(certes il est plus facile de profiter du chômage pour méditer, faire du sport, aller au cinéma et rencontrer la future mère de vos enfants lorsque votre premier emploi vous a déjà rendu billionaire, mais enfin c'est pas si compliqué...)
3) La meilleure chose qu'il puisse vous arriver dans la vie en général...c'est de mourir.
Troisième point que ce sacré Sboj s'est empressé de mettre en pratique une douzaine de mois plus tard.
Il fut entreprenant (et chanceux, et doué).
Il fut fou (mais surtout perfectionniste, autoritaire, intransigeant, amibitieux).
Des conseils très adolescents, pour une société qui l'est tout autant.
Mais ne serait-il pas temps de grandir un peu, pour de vrai, les enfants?